Pèlerinage auprès du voile de la Mère de Dieu

Auteur : Galina Kaneva

Photos : Ivaylo Ganchev

Le 14 octobre 2017, la Paroisse orthodoxe bulgare Saint-Patriarche-Euthyme-de-Tarnovo de Paris, a participé une nouvelle fois, avec la bénédiction de Son Éminence Monseigneur Antonii, Métropolite des églises bulgares en Europe occidentale et centrale, au pèlerinage à Chartres, organisé par le Centre russe de pèlerinage du diocèse de Chersonèse à Paris. Située à 80 km au Sud-est de Paris, la ville de Chartres a été choisie comme destination du pèlerinage, puisque dans sa cathédrale est conservé le voile de la Mère de Dieu: habit typique de la communauté juive, similaire à une écharpe, ayant des dimensions inhabituelles – longueur 5 mètres et largeur un demi mètre – lequel, d’après la tradition ecclésiastique et selon des sources historiques, a été porté par la Sainte Vierge. « L’homélie pour le transfert du voile à Valherne » de Théodore Sinkel est désigné comme première source écrite au sujet de la relique, ayant donné naissance à une fête : celle de la Protection de la Sainte Vierge. Née au 10e siècle, la solennité est liée à la vision de saint André le Fol-en-Christ  et son disciple Epiphane, de la sainte Vierge intercédant pour les habitants de Constantinople et les couvrant de son voile en signe de protection contre l’invasion des sarrasins.

Le programme du pèlerinage a commencé par la célébration de la divine liturgie en slavon, bulgare et français dans la crypte de la cathédrale qui abrite une petite partie du voile. À la célébration, guidée  par les pères Nikolay Nikishin et Ivan Karageorgiev ont assisté de nombreux fidèles, dont 16 paroissiens bulgares.

 

À l’issue de la liturgie, une acathiste à la Vierge a été récitée dans la majestueuse cathédrale devant le reliquaire qui garde la plus grande partie du saint habit. Dans sa prédication avant l’office d’intercession, le père Ivan Karageorgiev a rappelé aux croyants qu’après l’incarnation de Jésus-Christ et Sa Résurrection, la matière n’est pas étanche à l’esprit. Donnant des exemples à partir du cycle liturgique de l’Église orthodoxe tels que la sanctification de la matière par l’eau bénite, transmettant les dons bienfaisants de l’Esprit Saint, il a souligné l’importance des saintes reliques qu’ont touché le Sauveur et la personne la plus proche de lui – la Mère de Dieu, prête à recevoir et consoler sous son voile tous ses enfants adoptifs, par la force de leur foi en Christ.  Après la prière, le père Nikolay Nikishin a rappelé l’histoire du transfert du voile de la Sainte Vierge à Chartres. La relique a été offerte au roi Charlemagne par l’impératrice Irina de Constantinople et en 876 a été donnée à la cathédrale de Chartres par le petit fils de Charlemagne, Charles le Chauve. Il a par ailleurs souligné que la Très Sainte Mère de Dieu non seulement contribuait, à travers son voile,  à la résolution des épreuves de la vie personnelle, mais aussi intervenait dans des crises au niveau de l’État, comme par exemple la repoussée des Vikings au 10e siècle.

La fête, devenue tradition, contribuant à trouver de nouveaux amis en Christ et à renforcer les liens fraternels entre les communautés bulgare et russe orthodoxes à Paris, s’est terminée avec des agapes auxquelles participaient tous les pèlerins et un temps libre, propice aux visites de la ville.

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